À PROPOS

Né en 1946 à Saint-Etienne. Vit et travaille à Paris où il est installé depuis 1970. Depuis 1996, Jean Paul Favand utilise exclusivement pour langage plastique un mélange de techniques anciennes et contemporaines. Il s’inscrit dès lors dans une avant-garde internationale, comme un pionnier de l’art virtuel et du numérique. L’œuvre de Jean Paul Favand se révèle expérimentale et pluridisciplinaire, prenant ses sources dans l’histoire de l’art et s’articulant autour de thématiques récurrentes comme la nature et l’artifice.

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Par DOMINIQUE ROLAND, directeur du Centre des arts d’Enghien-les-Bains, ville des arts numériques.
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La démarche de Jean-Paul Favand consiste à révéler la force des objets grâce à un mélange de techniques anciennes et contemporaines. La puissance des éléments de la nature et le vécu des objets patrimoniaux réunis dans ce cabinet de curiosités contemporain, donne un supplément d’âme à l’art numérique, reliant technologie et humanisme. Le système binaire numérique prend alors tout son sens, entre passé et futur, tradition et modernité, réel et virtuel.

Elle plonge le spectateur dans un monde d’illusions où l’image virtuelle change son regard sur la réalité des choses. Le public sera interpellé par des pierres et des bois qui s’humanisent ou par le pouvoir hypnotique d’une projection vidéo sur une pierre à rêver. Les
spectateurs seront également invités à participer et à dévoiler, par leurs applaudissements, la nudité des personnages d’un ballet de music-hall numérique. Les visiteurs redécouvriront aussi l’invention des dioramas de Daguerre, révélée par les techniques d’illusion
issues de la réalité augmentée.

On ne peut pas aborder la question de l’art et des technologies dans une actualité si on ne les envisage pas d’un point de vue de la civilisation. Pour représenter des objets ou des archétypes, il est nécessaire de passer avant tout par le regard. Ce monde de curiosités devient alors un formidable miroir de l’imaginaire pour le public.

Or, aujourd’hui, nous ne regardons que très peu les objets de façon contemplative. L’accélération du temps et l’avènement des technologies permettent de sélectionner les choses plus rapidement et viennent modifier la relation au regard tel qu’il pouvait l’être auparavant : le lieu d’exposition permettait d’élaborer un dialogue intérieur entre le spectateur et l’oeuvre. De nos jours, ce rapport se veut plus intuitif, eu égard aux objets de communication et de consommation.
Le regard du spectateur devient alors une question centrale. L’objet physique est-il encore capable de nous interpeler ?
Qui regarde encore des objets d’Histoire ?

De l’objet lui-même sur lequel nous implémentons alors un programme ou une peau-lumière à la forme narrative de l’exposition, il devient possible de créer de nouveaux scenarii. Comment peut-on écrire cet univers et en faire à terme un récit. Prenons l’exemple de cette pierre à rêver présentée dans l’exposition, cette pierre qui est un appel à la contemplation et au voyage. Comment le fait d’implémenter à cet objet un environnement visuel et sonore participe-t-il à un voyage symbolique où on ne sait plus très bien où est la matière réelle, tangible propre à l’objet et celle de la projection. Si ces 10 dernières années, on s’est finalement beaucoup intéressé à la technique du mapping sur les environnements architecturaux via la question du trompe-l’oeil sur le volume, ici on va beaucoup plus loin : c’est la matière même de l’objet qui devient le point de départ de ces recherches, le prélèvement du grain, des aspérités, des reliefs qui viennent servir le projet lumière. Ces objets, placés dans ce nouveau contexte, repoussent ainsi techniquement de nouvelles frontières et nous racontent de nouvelles choses, révélées par les techniques d’aujourd’hui.

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Télécharger le texte de THIERRY VOISIN
Journaliste spécialisé des arts urbains et des arts numériques (Télérama)
Président de l’Observatoire des Arts de la Rue
Président des Feux de la Rampe
Écrivain et dramaturge
Entretien avec Jean Paul Favand par Thierry Voisin.pdf
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Télécharger le texte de LAURENT DANCHIN
Écrivain, critique d’art
Jean Paul Favand : un visionnaire rétrofuturiste par Laurent Danchin.pdf

Texte de Laurent Danchin en ligne sur le site de l’association Mycelium
http://www.mycelium-fr.com/#/virtualia-jean-paul-favand-2/4232070

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ENTRETIEN AVEC L’ARTISTE JEAN PAUL FAVAND (09-2014)
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Vous considérez-vous sculpteur ? Votre travail porte-il sur la sensation tactile ?

Je me considère davantage comme un marieur d’objets : J’assemble précisément deux objets pour en créer un nouveau. C’est une méthode qui peut paraitre intuitive mais elle est en fait l’aboutissement d’années de pratique. Ma main agit instinctivement. Les formes s’équilibrent et s’épousent parfaitement. Elles paraissent toujours avoir été ainsi et racontent une histoire. Je ne modifie pas les objets originels. Il me semblerait criminel de ne pas les respecter. Par exemple, je travaille actuellement sur un arbre vieux de 400 ans. Je tente, en enlevant l’écorce et l’aubier, de faire apparaître sa forme essentielle. Cela ne peut se révéler que dans le respect des transformations apparues au fil du temps, des intempéries, du vent …. Du travail de chaque instant pendant 100, 200, 300 ans …. Si d’un seul coup de ciseau, je modifie 150 ans de croissance millimètre par millimètre, je suis un assassin. Je m’autorise parfois à intervenir s’il y a une cassure, une brisure ou un accident. L’intervention humaine est parfois brutale. Il faut savoir la mesurer pour ne pas faire disparaître les éléments essentiels à la compréhension de la forme particulière des bois. Le façonnage du temps est encore plus marqué dans la pierre ! Il y est démultiplié.

C’est votre vision singulière qui s’exprime dans la gestion des couches d’histoires que vous avez envie de préserver ou celles que vous considérez comme des accidents ?

Un accident, une cassure brutale ne participent pas de l’usure du temps. On apprend très vite à les reconnaître. Il faut donc tenter de les éliminer tout en préservant l’existant.

C’est un choix singulier de réparer, d’effacer une cassure plutôt que de la mettre en valeur. C’est votre démarche de sculpteur ?

La définition des mots me gène beaucoup. Je ne sais pas. Je ne me sens pas capable de dépasser ce que la nature a réalisé, et je ne dispose pas la même échelle de temps pour créer. Je n’interviens que pour « aider à voir » et préserver un équilibre rompu. J’ai fait restaurer des milliers d’objets anciens, il y a des écoles et des théories selon les pays : Les conservateurs de musées américains repeignent un objet tel qu’il avait été coloré à l’origine, un restaurateur français veut garder le vécu et la matière, un italien fait des ajouts… Les objets d’Art Forain sont des outils de travail et un art décoratif. Ils ont eu la vie rude. Certaines pièces sont en trop mauvais état pour être restaurées, d’autres doivent garder l’empreinte de ce qu’elles ont vécu, certaines méritent une restauration fine pour être lisible et retrouvent en partie leur faste d’origine. J’ai créé mes propres approches. La manière dont j’interviens sur un objet naturel est exactement la même, si je recherche son vécu, je laisserai la cassure…

Choisir de travailler à partir d’un objet manufacturé chargé d’une histoire spécifique des Arts Appliqués et sculpter un arbre procéderait-il du même dessein ?

On distingue beaucoup de catégories dans un cabinet de curiosités mais les principales sont ce que l’on appelle des « Naturalias » et des « Artificialias ». « Naturalias », objets de la nature; « Artificialias », objets manufacturés. Lorsque je me suis occupé d’antiquité, j’ai été l’un des premiers à rechercher la curiosité moderne, par exemple une montre à système érotique ou des objets de marine, par opposition à la curiosité classique. Cette « nouvelle curiosité», a été faite par l’oeil des gens depuis 40 ou 50 ans. À ce moment là, il n’y avait donc pas encore de spécialistes en montres et objets de marine mais il y avait des gens comme moi, qui achetaient toutes ces choses parce que leur oeil avait été interpellé. En même temps, je n’étais pas indifférent aux objets de la nature. Je ramassais des bouts de bois. Ces deux démarches ont toujours été parallèles. Le mariage d’objets a commencé là. Je peux associer une sculpture romane et une branche ou un morceau d’écorce ramassé sur un chemin. Le mariage d’objets n’est pas limité aux objets de la nature, c’est une démarche beaucoup plus globale. Il en va de même pour la phase de restauration qui complète l’association d’objets. Pour les antiquités, j’ai appris à diriger une équipe de restauration : Sculpteur, peintre, mécanicien. Pour les objets de la nature, j’ai dû apprendre sur le tas. La nature les livre brut. C’est eux qui me guident. En ôtant l’écorce et l’aubier d’un arbre, je révèle son caractère noble de la même manière que l’on retire les couches de peinture successives d’un cheval de bois pour dévoiler sa polychromie d’origine.

Votre travail sur les arbres exprime une sensibilité singulière éloignée des aspects rationnels de la restauration d’objets. Il « fait sculpture ». Il ne s’agit plus de la somme de vos connaissances et de votre expérience, mais bien de votre sensibilité qui exprime la volonté d’effacer les accidents plutôt que de l’accentuer.

M. Leron Lesur à St Rémy de Provence s‘appelait lui-même « Berger des Amandiers ». Il m’a appris ce que sont ces arbres absolument incroyables. Les racines fonctionnent comme des liens. Sur un arbre de dix mètres, on peut suivre le cheminement de ces sortes de lianes qui amorcent une vrille, s’entrelacent les unes sur les autres pour ériger le tronc et terminent leur ascension en formant les branches. Ces arbres possèdent une harmonie extraordinaire. Ce qui est assez étonnant dans ce bois, c’est qu’il a souffert. Les amandiers, comme les oliviers, poussent dans des endroits très chauds où la terre est un caillou. Depuis l’âge de quinze ans, je dessine des lignes qui s’enlacent. Je les ai retrouvé quarante ans plus tard sur ces arbres dont les troncs énormes font un mètre cinquante de diamètre. Bien entendu, ce n’est pas facile de suivre la ligne d’un bout à l’autre. C’est également pour ça que je ne cherche pas à travailler les arbres dans leur entièreté : Je ne prends qu’une seule lame pour pouvoir monter et tourner avec. Et j’essaie de garder l’équilibre initial que la nature a créé.

De quelle façon travaillez vous ?

Mon premier travail est le choix de l’objet puis le je le positionne. Un objet de la nature n’a d’intérêt que regardé sous un certain angle. C’est avec la lumière et l’ombre que je vais le sculpter si cela me semble nécessaire. L’ombre va créer de nouvelles formes. Lorsque je travaillais avec des éclairagistes, j’ai constaté qu’ils considéraient l’ombre des objets comme des « catastrophes » qu’il « fallait éliminer ». Je leur disais : « Arrêtez ! L’ombre est fantastique ! Elle augmente l’intérêt de cet objet ! À présent, je me sers des techniques contemporaines d’éclairage : vidéo projecteurs asservis par ordinateur, mais j’ai toujours la même démarche. Je m’oppose à la surenchère technologique. Je me sens navré d’avoir envie de retourner à la bougie et au flambeau mais c’est tout aussi efficace pour sculpter l’ombre. Petit à petit, j’élimine les projecteurs vidéo et je les remplace par des flambeaux. Pour l’instant, je mixe les deux.

Pourquoi travaillez-vous avec des éléments provenant de la « base naturelle » qui portent en eux un temps ancestral ?

Parce que depuis 40 ans je ramasse des bois figuratifs. Quand on les regarde dans un certain sens, ils vont représenter quelque chose. Très souvent, ce sont des têtes de personnages ou des grotesques, c’est la transcription la plus facile… Dès que l’on trouve dans l’objet ce qui ressemble à un oeil, notre subconscient reconstitue aussitôt un visage. Ensuite, on peut reconstituer autre chose. Au IIIème siècle après Jésus Christ quand s’est crée le taoïsme, un certain nombre de révolutionnaires, penseurs et poètes chinois se réunissaient et parlaient ensemble de l’univers. Ils ont commencé à travailler et méditer autour de pierres qui avaient des formes. Ils y voyaient toute une vie. Ils voyaient dans ces « pierres de rêve », des montagnes parsemées de chemins…C’était toute leur histoire, leur télé avant l’heure !

Votre première approche, la plus immédiate au bois ou à la pierre serait-elle méditative?

Mon premier geste de sculpteur consiste à positionner le bois. Le soclage permet de le mettre en lumière et de le faire interagir avec elle. Le choix du positionnement de l’objet s’inscrit dans la même démarche que celle des artistes chinois recherchant des pierres extraordinaires pour la méditation des mandarins. Ils signaient les marbres qu’ils trouvaient, y écrivaient des poèmes. Ils étaient considérés pour cela comme des artistes. Ils avaient des techniques de soclage très codifiées. Là résidait leur véritable intervention. Leur art consistait à positionner ces pierres pour que la lumière révèle le plus efficacement possible la beauté des paysages naturels créés par le veinage. Et ça ! ça s’appelle la mise en scène ! C’est cette technique que j’utilise dans mes salles en positionnant les objets. C’est fabuleux de constater que la main, l’oeil visionnent exactement comment l’objet va tomber, se positionner et tenir ! Tenir en équilibre, c’est ça ! La forme de la sculpture, c’est celle de son socle. On respecte l’objet en le travaillant.

Est ce que vous êtes d’accord pour dire que vous révéler l’importance de la lumière plutôt la forme ?

Non je me sers de la lumière pour révéler la forme….grâce à l’ombre…En jouant sur les ombres.

Vous n’avez pas l’impression de parler plus de lumière que de forme ?

Il y a un monsieur avec qui j’ai eu une longue relation qui s’appelait Robert Doisneau. Je lui ai demandé de photographier mes objets. Ça a pris deux ans parce qu’il voulait les prendre en noir et blanc… et moi, je voulais qu’il les photographie en couleur. Au bout d’un moment, il m’a dit : « ça suffit, je vais les doubler !», puis il a fini par me dire : « Il y en a marre, tu n’as pas encore compris que je peignais !»…Moi, je sculpte avec l’ombre.

L’arbre, la pierre sont des sculptures extraordinaires, capables de garder en elles la mémoire de leurs croissances, de leur forme originelle et évolutive. Est ce que le travail de mapping vidéo permet de révéler la forme déjà dans la matière ? De lui redonner sa vitalité ?

La vidéo me permet de révéler les différentes facettes d’une pierre, et c’est d’une richesse absolument incroyable. En fonction du positionnement de la lumière, de sa hauteur, de sa distance d’émission et de son angle, l’objet est chaque fois différent. C’est une sculpture évolutive. Aujourd’hui je cherche à faire en sorte que les gens orientent eux-mêmes la lumière, c’est à dire qu’ils réalisent leur propre sculpture. Je trouve ça très encourageant !

Est ce que la notion de vitalité est à considérer ?

La force ! Je vous ai parlé tout à l’heure des bois. Je les choisis parce qu’ils sont forts ! Ils sont très puissants ; ils ont souffert, ils ont vécu. Beaucoup d ‘artistes travaillent le bois pour sa fragilité…Les racines sont les parties les plus fascinantes d’un arbre, parce que c’est là où il y a le plus de vie. C’est intéressant de savoir que la racine est identique à la branche la plus haute. Il y a dans le sol une racine correspondant à une branche, qui a exactement la même longueur et la même forme. Je l’avais constaté sur les amandiers mais sans le comprendre. Je travaille sur les troncs. On y trouve les racines mais aussi le départ des branches. Ce qui est un haut est en bas, il y a correspondance. Quand on trouve des racines qui ont soufferts, on retrouve la même souffrance sur les branches. Les branches d’olivier sont tordues parce que les racines d’oliviers le sont aussi.

Les notions de visible et l’invisible vous intéressent-elles ?

Je ne sais pas ce que cela veut dire. Si on se réfère à des formes magiques, peut-être … J’ai fait une gigantesque expo sur la sorcellerie et l’art démoniaque* qui a beaucoup marquée en son temps. Visible, invisible, la charge des choses… c’est un autre propos… Je reviens à chaque fois à la Chine. Les pierres de rêve, ces pierres dans lesquelles on peut voir des tableaux, des figurations, les chinois les appellent « racines de nuages ». Les nuages sont ils les reflets des pierres qui sont en bas ? Je trouve ça très fort.

Et donc quel serait pour vous le symbole le plus fort de l’arbre ?

Vous connaissez le mythe de Prométhée ? Les dieux possédaient ce qui est éternel : l’os. L’élément le plus dur au milieu duquel il y a la moelle, la vie. Quand j’enlève l’écorce et l’aubier, il reste l’âme de l’arbre, ce qui va vivre très, très longtemps, donc la force !

Est ce important pour vous de laisser votre empreinte dans ces matières « éternelles » ?

Pour les grands collectionneurs, collectionner les objets mythiques est aussi une manière d’acquérir une forme d’éternité. Quand Bill Gates achète la première bible de Nuremberg ou le codex de Léonard de Vinci, c’est pour s’approcher du plus grand mythe possible. C’est une forme d’immortalité qu’il achète. La chasse aux mythes est une chasse à l’éternel. Fréquenter un bois qui a poussé pendant 400 ans, ou des calcites qui ont mis quelques centaines d’années pour recouvrir une pierre, c’est quelque chose de très fort. C’est peut être avoir une certaine forme de regard sur le temps.

Vous agissez sur la réalité de l’objet à l’aide d’outils numériques. Projeter l’image de l’objet sur l’objet réel est-il un moyen de mettre en lumière ses spécificités ? Où est-ce un moyen de mettre en parallèle l’objet et son rapport au temps ?

C’est une facilité qui me gène. J’ai voulu utiliser la vidéo simplement pour éclairer, comme on éclaire avec une lampe. La lumière m’aide à donner la parole aux objets mais la vidéo à tendance à les figer. Ce qui m’intéresse, ce sont toutes les facettes de l’objet pour lui donner vie et travailler avec l’illusion. La vidéo est intéressante mais devient, à mon sens, trop invasive. Tout mon travail avec l’infographiste consiste à l’empêcher de projeter des images. Par contre, j’accepte la projection d’éléments naturels. Puisque ma pierre est une montagne, je peux projeter un lever de soleil, un zénith, un coucher de soleil ou des ombres formées par des nuages. Ça me permet de donner une perception naturelle de lumière. Je fais en quelque sorte des concessions naturelles.

Il semble que l’élaboration de vos oeuvres repose également sur l’idée de série ?

La série c’est un perfectionnement.

Dans quelle temporalité souhaitez-vous placer le spectateur ?

Hors de la temporalité, dans l’instant.

L’instant dans lequel vous souhaitez placer le spectateur s’oppose au temps de création et au temps de la matière …

Quand la création est un plaisir c’est de l’instant, quand la création devient du travail c’est du temps.

Est-ce important pour vous de partager votre travail et donc de le confronter à la critique ?

Il est important pour moi de faire rêver. Un homme de spectacle a besoin de spectateurs. Ce que je n‘aime pas, c’est le formatage de la critique qui bien souvent oeuvre dans des canaux. Je revendique le fait de me servir de ma méconnaissance des choses, le fait d’être un autodidacte qui expérimente. Ne pas savoir m’intéresse beaucoup, cela garantie ma propre direction, du coup je ne corresponds jamais au formatage. Je me fiche de rentrer dans un tiroir.

Reconstituer les parcours présenterait il un intérêt pour la lecture globale de votre travail?

Non, ça doit se voir dans l’objet.

Est ce que votre travail de projection de lumière raconte l’action de la marche qui l’a précédée ou pas (comme des repères temporels ou comme les moments d’un processus beaucoup plus long) ?

Il y a eu des aventures. C’est un plaisir de rechercher, de découvrir et de trouver des pierres normalement inaccessibles. Je suis heureux de travailler sur ces productions calcaires, c’est une matière extraordinaire. Décrocher la montagne, ça a une histoire.

 

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